Bonjour à tous !

Oui, oui, je sais… ça fait un petit moment que le blog faisait la sieste. Disons qu’il était en jachère, comme un joli carré de potager qu’on laisse se reposer avant de replanter. Eh bien, c’est l’heure de ressortir les graines ! 🌱
Et pour ce grand retour, j’inaugure une toute nouvelle rubrique : l’impression 3D en classe. Avant que certains d’entre vous ne ferment l’onglet en criant « Au secours, de la technique ! » : promis, on reste entre collègues, on parle simple, et pas besoin d’être ingénieur pour suivre. 😉
Le problème de chaque année ✍️
Vous le connaissez par cœur, celui-là. On arrive aux majuscules cursives et là… C’est le festival. Le « L » de « Le chat » part dans tous les sens, le M démarre on ne sait où, et le P se trace une fois sur deux en commençant par la boucle. Et une fois que le mauvais geste est pris, bon courage pour le défaire !
J’avais envie d’un outil que les élèves puissent manipuler en autonomie, qui leur fasse sentir le chemin de la lettre et qui ne s’abîme pas au bout de trois semaines. Ma réponse : des petites cartes imprimées en 3D, une par majuscule.
À quoi ressemblent les cartes ?
Chaque carte, de la taille d’une petite fiche, comporte :
- la majuscule en police Marelle (l’écriture cursive scolaire qu’on connaît bien), creusée en sillon noir dans la carte beige : on voit tout de suite le chemin à suivre, et la pointe du stylet ne peut pas déborder ;
- un point de départ bien marqué au début du tracé ;
- des flèches rouges numérotées (1, 2…) pour l’ordre et le sens des traits. Fini le P qui commence par le ventre !
- un ergot, c’est-à-dire une petite languette en haut de la carte où la lettre est écrite en capitale d’imprimerie. Les ergots sont décalés d’une carte à l’autre, comme les intercalaires d’un classeur : on lit tout l’alphabet d’un coup d’œil et on attrape la bonne carte en une seconde. 🔍
On trace avec un stylet (une sorte de crayon sans mine) : le geste est le même qu’avec un crayon, mais sans rien salir, donc on peut recommencer à l’infini.

Le range-cartes : chaque chose à sa place

Parce que 26 cartes en vrac dans une barquette, on sait tous comment ça finit… 😅 J’ai donc imaginé un support noir où toutes les cartes se rangent debout, dans l’ordre alphabétique, avec un emplacement pour le stylet sur le côté. Le stylet a sa place, les cartes ont leur place, et le rangement devient presque un jeu.

Et mon petit chouchou, c’est la vague 🌊. Vous voyez le bouton blanc sur le côté du support ? Quand on le fait glisser, il déplace une pièce en forme de vague cachée sous les cartes. À son passage, elle soulève les cartes une à une, un peu comme quand on feuillette un fichier. La carte voulue dépasse des autres : on la repère plus facilement et on l’attrape sans effort, même avec des petits doigts encore malhabiles.
Les coulisses
Je ne vais pas vous mentir : ça n’a pas marché du premier coup ! Entre l’impression qui se transforme en gros plat de spaghettis en plastique au milieu de la nuit, les essais de cartes, les ajustements du support et la fameuse vague qui devait coulisser sans accrocher (elle m’a donné du fil à retordre, celle-là !)… J’ai arrêté de compter les versions. Mais le jour où tout s’est enfin emboîté, j’ai fait une petite danse de la joie. 🎉
Et un immense merci à @teacherprinter 🙏, un collègue passionné d’impression 3D, qui m’a soufflé l’idée des ergots décalés. C’est tout bête, mais ça a tout changé pour retrouver les lettres. Vive l’entraide entre profs !
Et pour l’imprimer chez vous ? (version « même pas peur »)
Bonne nouvelle : les fichiers sont disponibles gratuitement sur MakerWorld ! 🎁
👉 Lien vers le modèle sur MakerWorld
MakerWorld, c’est un peu le « Canva » des objets 3D : un site où des passionnés partagent leurs modèles prêts à imprimer. Vous téléchargez le fichier, vous l’ouvrez dans le logiciel de votre imprimante, et le plus gros du travail est déjà fait.
Pensé pour les petites imprimantes 🖨️
C’était vraiment important pour moi : je voulais que tout le monde puisse refaire ces cartes, même avec une petite imprimante. Et je sais de quoi je parle, puisque la mienne est une Bambu Lab A1 mini, la plus petite de la marque ! Son plateau (la surface sur laquelle l’objet se construit) ne fait que 18 cm de côté. Tout a donc été conçu pour tenir dessus : si ça passe sur la mienne, ça passera sur la vôtre. 😉
Pas d’imprimante 3D ? Demandez autour de vous ! Beaucoup de collèges, de médiathèques et de fablabs en ont une, et il y a souvent un parent d’élève bricoleur ravi de rendre service.
En classe, comment je compte les utiliser ?
- Le doigt d’abord. On suit le sillon en verbalisant : « Je pars du point, je suis la flèche 1, puis la flèche 2… »
- Les yeux fermés. Oui, ça marche ! Le relief permet de tracer « à l’aveugle », et ça aide vraiment à mémoriser le geste.
- Le stylet dans le sillon, pour retrouver la bonne tenue de l’outil scripteur.
- Le cahier ou l’ardoise, avec la carte posée à côté comme modèle.
Elles sont en libre service pour être utilisées en ateliers autonomes, en petits groupes de besoin, ou tout simplement quand un élève bloque sur une majuscule en pleine dictée : il va chercher sa carte, il trace, il revient.

Et vous ?
Vous avez déjà tenté l’impression 3D en classe ? Vous avez imprimé les cartes ? Montrez-moi vos versions ! Et si vous n’avez jamais osé et que vous avez plein de questions, posez-les en commentaire, je réponds avec plaisir. 💬
Je suis vraiment contente de revenir par ici… à très vite pour la suite des aventures 3D !
Belle journée à tous !
